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Douze bagagistes interpellés à Roissy

Ils sont soupçonnés d'avoir volé pour 450.000 euros de marchandises dans des bagages en transit.

liberation.fr 1/10/08


Douze bagagistes suspectés d'avoir volé pour 450.000 euros de marchandises dans des bagages en transit à l'aéroport de Roissy ont été interpellés et placés en garde à vue mardi, a-t-on appris auprès d'une source aéroportuaire.

Selon cette source, il s'agit de "la plus grosse opération de démantèlement d'un réseau de bagagistes menée à Roissy depuis 2004".

Les douze bagagistes qui appartiennent tous à la même entreprise, Trac-piste, sont poursuivis pour vols en réunion et recel de marchandises volées.

Sur commission rogatoire d'un juge de Bobigny, la gendarmerie des transports aériens (GTA) de Roissy a procédé à l'interpellation des bagagistes, à leur domicile, notamment en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise, mardi à 06h00.

Des ordinateurs, camescopes, ipod, iphones, parfums, traveler chèques, bijoux, suspectés volés, pour une valeur totale estimée à 450.000 euros, ont été retrouvés lors des perquisitions menées mardi aux domiciles des bagagistes.

Chez l'un des bagagistes, 80 paires de chaussures de luxe ont été retrouvées. Un autre bagagiste avait en sa possession un téléphone portable déclaré volé par un passager italien après son passage à Roissy.

Certains des objets volés étaient revendus sur le site de vente ebay, selon la source aéroportuaire.

Les gendarmes enquêtaient depuis un an et demi sur le réseau démantelé mardi. Des plaintes de passagers sont à l'origine de l'enquête.

Les douze personnes interpellées sont toutes des employés, il n'y aucun chef d'équipe. Certains d'entre eux ont reconnu les faits, selon la source aéroportuaire.

Les vols de bagages sont un mal endemique à Roissy. En 2007, 621 plaintes avaient été déposées pour vols de bagages au niveau du Terminal 2 de Roissy, soit une hausse de 24% par rapport à 2006. Pour les terminaux 1 et 3, 139 plaintes avaient été déposés en 2007 contre 131 en 2006.

Début 2008, la sous-préfecture de Roissy avait indiqué à l'AFP qu'une "reflexion" était "conduite avec l'autorité judiciaire pour améliorer la connaissance de ces vols".

En 2006 un réseau d'une quinzaine de bagagistes impliqués dans des vols de bagages pour un préjudice estimé à 100.000 euros avait été démantelé par la GTA. En 2003, 27 bagagistes avaient été placés en garde à vue pour des vols du même type pour un préjudice inconnu.

"On arrête très régulièrement des bagagistes suspectés de fouiller et de voler dans les bagages de soute en transit mais c'est beaucoup plus rare de mettre la main sur un réseau organisé", a déclaré mardi à l'AFP une source aéroportuaire à Roissy.

En décembre 2006, lors du procès de 19 ex-bagagistes de Roissy, certains avaient déclaré que "tout le monde vole à Roissy". Le procureur, Jean-Baptiste Acchiardi s'était aussi inquiété de la "résurgence des vols à Roissy". "On n'a pas tiré les leçons des dernières expériences, le parquet aura encore du travail à Roissy", avait-il prévenu.
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30 000 ménages français menacés de saisie ?

INTERVIEW

Pour Jacques Bosvieux, de l'Agence nationale de l'information pour le logement, les ménages coincés par leur crédit-relais sont une minorité.


Depuis quelques semaines, l'Afub (Association française des usagers des banques) s'alarme des conséquences de la crise financière pour les ménages français. Et en particulier pour ceux ayant contracté des crédits-relais ou des prêts à taux variable. 30.000 familles seraient ainsi menacées de saisie.

Que faut-il penser de cette estimation? Réaliste ou pas? Jean Bosvieux, directeur des études à l'Anil (Agence nationale de l’information pour le logement) apporte son expertise.

Avant tout, expliquez-nous le principe de ces prêts-relais...

Quand un ménage souhaite une maison plus grande, il est souvent amené à acheter son nouveau bien avant même d’avoir vendu le premier. Dans ce cas là, il conclut un crédit-relais, le temps de trouver un acheteur.

Quels sont les risques aujourd’hui pour les personnes ayant contracté un crédit-relais ?

C’est surtout une difficulté conjoncturelle. Les prêts-relais sont des crédits à court terme (un an ou deux maximum).

Quand le marché se porte bien, pas de problème :  les biens immobiliers se vendent vite, et donc le prêt-relais ne dure jamais longtemps. Mais, quand le marché se retourne, comme c’est le cas en ce moment avec la crise financière, les biens immobiliers se vendent moins bien.  Du moins, cela prend plus de temps : les acheteurs potentiels profitent de cette période de crise pour négocier une baisse des prix.

De ce fait, les ménages qui ont contracté un crédit-relais sont face à un dilemme. Soit ils maintiennent le prix de vente au risque d’allonger exagérément la durée de leur prêt-relais. Soit ils acceptent de revoir leur prix de mise en vente à la baisse au risque de le brader.

Que leur conseillez-vous ?

La priorité, c'est de vendre. Mieux vaut être réaliste et accepter les prix du marché. Il n’est jamais bon de payer un crédit-relais trop longtemps au risque d’être au pied du mur quand le prêt arrive à échéance.


L’Afub parle de 30.000 ménages qui seraient dans une situation financière difficile à cause de ces prêts-relais. Cette estimation vous paraît-elle réaliste ?

Je suis bien incapable de vous répondre avec exactitude. A vrai dire, personne ne peut chiffrer le nombre de ménages touchés. Il faut se garder d'être alarmiste. Si certains ménages connaissent des difficultés financières passagères, ils sont une minorité. On est loin d'un raz-de-marée.

Les crédits à taux variable, révisables périodiquement, inquiètent également Serge Maître de l’Afub qui parle de «subprimes à la française». Là aussi, qu’en pensez-vous?

Les prêts à taux variable proposés en France n’ont rien à voir avec les subprimes américains. Il est même impossible de comparer. En France, ces crédits sont très encadrés et ne sont accordés qu’à des ménages qui ont les moyens de rembourser. Et croyez-moi, les banques françaises n’ont pas la réputation de prêter de l’argent facilement!

Les ménages n’ont donc aucune raison de s’inquiéter ?

Je dis simplement qu’il faut relativiser. Les risques de surendettement et de saisie immobilière sont minimes. Pour autant, les ménages concernés vont devoir rembourser des mensualités plus importantes et s'exposent donc à des difficultés financières. C'est indéniable.

Le chaos politique aggrave
la crise américaine

Un président marginalisé, des candidats prudents, un Congrès focalisé sur les législatives : le contexte électoral pèse dangereusement sur la résolution de la crise financière.
30/09/2008 Ted Rogers, President de Rogers Communications (Photo PC)

Barack Obama (ici sur le tarmac de l'aéroport de Reno, dans le Nevada, lundi) et John McCain ont été pris de court par le rejet du plan Paulson, lundi, par la Chambre.
Rapide calcul, niveau… CM1 : combien font 13. 650. 000 dollars, divisés par 18 ? Environ 758 .333 dollars. Soit le montant délirant par jour de travail qu’Alan Fishman récoltera – a minima – pour avoir occupé pendant 18 jours le siège de PDG de Washington Mutual (WaMu), plus grande banque de dépôt de l’histoire américaine. Avant de la mener, jeudi dernier, à la faillite.

Alors que les autorités monétaires ont rétrocédé WaMu à JP Morgan dans la foulée, ce nouvel épisode de parachute doré risque de faire du bruit. Le plan de sauvetage du système bancaire est censé se pencher sur le système de rémunération…

Reprenons. Le 7 septembre, WaMu, plombée par ses créances pourries dans les subprimes n’arrive plus à faire face à ses échéances. Kerry Killinger, le boss de l’ex-petite mutuelle de Seattle qu’il a dopé aux hormones de croissance pour en faire la plus grande mutuelle des Etats-Unis, est mis sur la touche. Pas les mains vides : 98 millions de dollars en 14 ans de job…

Alan Fishman, 62 ans, ex-patron de l’Independance community bank, lui succède. Il reçoit, en guise de bienvenue, un cadeau («golden hello») bonus de 7,5 millions de dollars. Et une clause : 6,15 millions de dollars en cas de rupture de son contrat. Le conseil d’administration place alors «une grande confiance dans les capacités d’Alan de diriger WaMu et ramener la firme à la profitabilité». «Je sais que nous allons surmonter les problèmes que nous rencontrons», répond l’intéressé.

Las : le titre s’effondre à la bourse. En dix jours, les particuliers retirent plus de 16,7 milliards de dollars dans les agences. Du coup, pour éviter des émeutes, l’administration Bush décide, le jeudi, de refourguer WaMu à JP Morgan. Les actionnaires perdent tous leur argent. Pas Fishman. Selon la firme Reda & associates, son chèque pourrait (incluant salaire et stocks options), culminer à 19,1 millions… Qui dit mieux ?

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Les autorités européennes mobilisées pour éteindre l'incendie bancaire

Lundi noir sur les marchés financiers. Nicolas Sarkozy reçoit ce matin, avec François Fillon et Christine Lagarde, les banques et le gouverneur de la Banque de France.
30/09/2008

Jusqu'à ce week-end, la ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, était en mission commandée : tenir un discours rassurant sur la crise, pour éviter la panique du côté des épargnants français. Il n'y a « pas d'inquiétude à avoir sur la solidité des banques françaises », affirmait-elle à tout-va. Depuis quarante-huit heures, la contagion de la crise financière en Europe - avec la nationalisation partielle du belgo-néerlandais Fortis, celle de l'anglais Bradford & Bingley et les inquiétudes sur le franco-belge Dexia - couplée à la forte chute des places financières, qui ont abandonné plus de 5% hier sur le Vieux Continent, oblige le gouvernement à revoir son discours.

« Personne ne sait véritablement ce qui va se passer », ni quelles seront les répercussions en France de la crise financière, a prévenu dimanche le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, pour commencer à préparer les esprits. Obligée d'admettre que la situation a bel et bien évolué depuis la chute de Lehman Brothers, il y a deux semaines seulement, Christine Lagarde a déclaré hier que le bras armé de l'État, la Caisse des dépôts, « prendra ses responsabilités en tant qu'actionnaire » de Dexia - à hauteur d'un peu plus de 10 % - si la situation venait à dégénérer.

Réunion de crise

Ce matin, Nicolas Sarkozy réunit à l'Élysée, en présence de son premier ministre et de la ministre de l'Économie, les dirigeants des principaux groupes bancaires et d'assurances français ainsi que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, pour « une réunion de travail »… qui prend l'allure d'une réunion de crise. Les participants devraient passer en revue la situation des institutions financières, ainsi que la distribution des crédits aux ménages et aux entreprises. « Nicolas Sarkozy rappellera aux banques leur obligation de financer l'économie et notamment les PME », a détaillé Christine Lagarde. Mais surtout, Paris « réfléchit à des mesures qui permettront de préserver un bon financement de l'économie », détaille une source gouvernementale. « C'est ce qui permettra d'éviter l'asphyxie », ajoute une autre.

D'ores et déjà - et depuis plusieurs jours maintenant -, le gouvernement est sur le pont. Une « poignée de conseillers » mis dans la confidence de « ce sujet très délicat » à Bercy, à Matignon, à l'Élysée sont en contact permanent avec la Banque de France, les autorités européennes, l'Autorité des marchés financiers (AMF), les homologues américains… « On ne compte plus les coups de téléphone, on ne sait même plus si l'on est en plein jour ou en pleine nuit  », raconte l'un d'eux.

Objectif : suivre la mise en application d'un hypothétique plan de sauvetage américain afin de vérifier que le traitement est équitable entre les établissements bancaires, surveiller l'état des liquidités sur le marché européen ou encore vérifier la solvabilité des banques françaises, pour éviter les mauvaises surprises. On assure, à Bercy, qu'il ne devrait pas y en avoir.

Des dossiers réglés au cas par cas

Cette mobilisation dépasse largement le cadre hexagonal. Nicolas Sarkozy a annoncé hier qu'il prendrait « l'initiative de rassembler à Paris » à la fin de la semaine les quatre pays européens du G8 - la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni - ainsi que José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, et Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Ce dernier a salué l'idée. Car l'inquiétude est également palpable en Europe. L'exécutif européen se félicite officiellement de la bouée de sauvetage lancée ce week-end à la belgo-néerlandaise Fortis, présentée comme un précédent et « une action concertée qui a abouti à un résultat  ». Mais en privé, des responsables bruxellois s'inquiètent d'un marché « en pleine détresse » et d'une spéculation qui s'attaque aux banques européennes « les unes après les autres ». Personne ne s'avance plus pour affirmer que la situation reste sous contrôle.La crise rattrape l'Europe mais, faute de pouvoirs, faute de moyens, l'Union n'envisage aucun plan sur le modèle des 700 milliards de dollars que le Trésor américain était prêt à consentir aux banques américaines. Sauf coup de théâtre, les dossiers seront réglés au cas par cas et par les États nationaux, qui ont seuls compétence.

La Commission doit faire connaître demain sa directive révisée sur les fonds propres des banques et les agences de notations, deux outils censés renforcer a posteriori la solidité du système financier. Mais pour beaucoup cela risque d'apparaître trop peu, trop tard. Les banques européennes, selon des chiffres cités à la Commission, encaisseraient 50 % des pertes liées à la crise du subprime, pour moitié dans la zone euro, pour moitié en Grande-Bretagne, en Suisse et au Danemark. Et à Bruxelles, on estimait encore hier que le retour à la confiance ne tenait qu'au succès du plan Paulson, « seul capable de traiter le problème à la racine ».
Lefigaro.fr





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