Douze bagagistes suspectés d'avoir volé pour 450.000 euros de marchandises dans des bagages en transit à l'aéroport de Roissy ont été interpellés et placés en garde à vue mardi, a-t-on appris auprès d'une source aéroportuaire.
Selon cette source, il s'agit de "la plus grosse opération de démantèlement d'un réseau de bagagistes menée à Roissy depuis 2004".
Les douze bagagistes qui appartiennent tous à la même entreprise, Trac-piste, sont poursuivis pour vols en réunion et recel de marchandises volées.
Sur commission rogatoire d'un juge de Bobigny, la gendarmerie des transports aériens (GTA) de Roissy a procédé à l'interpellation des bagagistes, à leur domicile, notamment en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise, mardi à 06h00.
Des ordinateurs, camescopes, ipod, iphones, parfums, traveler chèques, bijoux, suspectés volés, pour une valeur totale estimée à 450.000 euros, ont été retrouvés lors des perquisitions menées mardi aux domiciles des bagagistes.
Chez l'un des bagagistes, 80 paires de chaussures de luxe ont été retrouvées. Un autre bagagiste avait en sa possession un téléphone portable déclaré volé par un passager italien après son passage à Roissy.
Certains des objets volés étaient revendus sur le site de vente ebay, selon la source aéroportuaire.
Les gendarmes enquêtaient depuis un an et demi sur le réseau démantelé mardi. Des plaintes de passagers sont à l'origine de l'enquête.
Les douze personnes interpellées sont toutes des employés, il n'y aucun chef d'équipe. Certains d'entre eux ont reconnu les faits, selon la source aéroportuaire.
Les vols de bagages sont un mal endemique à Roissy. En 2007, 621 plaintes avaient été déposées pour vols de bagages au niveau du Terminal 2 de Roissy, soit une hausse de 24% par rapport à 2006. Pour les terminaux 1 et 3, 139 plaintes avaient été déposés en 2007 contre 131 en 2006.
Début 2008, la sous-préfecture de Roissy avait indiqué à l'AFP qu'une "reflexion" était "conduite avec l'autorité judiciaire pour améliorer la connaissance de ces vols".
En 2006 un réseau d'une quinzaine de bagagistes impliqués dans des vols de bagages pour un préjudice estimé à 100.000 euros avait été démantelé par la GTA. En 2003, 27 bagagistes avaient été placés en garde à vue pour des vols du même type pour un préjudice inconnu.
"On arrête très régulièrement des bagagistes suspectés de fouiller et de voler dans les bagages de soute en transit mais c'est beaucoup plus rare de mettre la main sur un réseau organisé", a déclaré mardi à l'AFP une source aéroportuaire à Roissy.
En décembre 2006, lors du procès de 19 ex-bagagistes de Roissy, certains avaient déclaré que "tout le monde vole à Roissy". Le procureur, Jean-Baptiste Acchiardi s'était aussi inquiété de la "résurgence des vols à Roissy". "On n'a pas tiré les leçons des dernières expériences, le parquet aura encore du travail à Roissy", avait-il prévenu.
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30 000 ménages français menacés de saisie ?
INTERVIEW
Pour Jacques Bosvieux, de l'Agence nationale de l'information pour le logement, les ménages coincés par leur crédit-relais sont une minorité.

Depuis quelques semaines, l'Afub (Association française des usagers des banques) s'alarme des conséquences de la crise financière pour les ménages français. Et en particulier pour ceux ayant contracté des crédits-relais ou des prêts à taux variable. 30.000 familles seraient ainsi menacées de saisie.
Que faut-il penser de cette estimation? Réaliste ou pas? Jean Bosvieux, directeur des études à l'Anil (Agence nationale de l’information pour le logement) apporte son expertise.
Avant tout, expliquez-nous le principe de ces prêts-relais...
Quand un ménage souhaite une maison plus grande, il est souvent amené à acheter son nouveau bien avant même d’avoir vendu le premier. Dans ce cas là, il conclut un crédit-relais, le temps de trouver un acheteur.
Quels sont les risques aujourd’hui pour les personnes ayant contracté un crédit-relais ?
C’est surtout une difficulté conjoncturelle. Les prêts-relais sont des crédits à court terme (un an ou deux maximum).
Quand le marché se porte bien, pas de problème : les biens immobiliers se vendent vite, et donc le prêt-relais ne dure jamais longtemps. Mais, quand le marché se retourne, comme c’est le cas en ce moment avec la crise financière, les biens immobiliers se vendent moins bien. Du moins, cela prend plus de temps : les acheteurs potentiels profitent de cette période de crise pour négocier une baisse des prix.
De ce fait, les ménages qui ont contracté un crédit-relais sont face à un dilemme. Soit ils maintiennent le prix de vente au risque d’allonger exagérément la durée de leur prêt-relais. Soit ils acceptent de revoir leur prix de mise en vente à la baisse au risque de le brader.
Que leur conseillez-vous ?
La priorité, c'est de vendre. Mieux vaut être réaliste et accepter les prix du marché. Il n’est jamais bon de payer un crédit-relais trop longtemps au risque d’être au pied du mur quand le prêt arrive à échéance.
L’Afub parle de 30.000 ménages qui seraient dans une situation financière difficile à cause de ces prêts-relais. Cette estimation vous paraît-elle réaliste ?
Je suis bien incapable de vous répondre avec exactitude. A vrai dire, personne ne peut chiffrer le nombre de ménages touchés. Il faut se garder d'être alarmiste. Si certains ménages connaissent des difficultés financières passagères, ils sont une minorité. On est loin d'un raz-de-marée.
Les crédits à taux variable, révisables périodiquement, inquiètent également Serge Maître de l’Afub qui parle de «subprimes à la française». Là aussi, qu’en pensez-vous?
Les prêts à taux variable proposés en France n’ont rien à voir avec les subprimes américains. Il est même impossible de comparer. En France, ces crédits sont très encadrés et ne sont accordés qu’à des ménages qui ont les moyens de rembourser. Et croyez-moi, les banques françaises n’ont pas la réputation de prêter de l’argent facilement!
Les ménages n’ont donc aucune raison de s’inquiéter ?
Je dis simplement qu’il faut relativiser. Les risques de surendettement et de saisie immobilière sont minimes. Pour autant, les ménages concernés vont devoir rembourser des mensualités plus importantes et s'exposent donc à des difficultés financières. C'est indéniable.