Marochorizon
Identification
Contact
Vous et nous
Qui sommes nous ?
Espace Presse
analyse d'audience
Partenaires
- Autres partenaires
Contact
Sommaire
  ANNUAIRE BÂTIMENT
  IMMOBILIER
  VOYAGES
Dossier du mois

Maroc : des chevaux et des hommes


En ce mois de mai, à l’intérieur des terres de la région de Larache, les moissons prometteuses sont l’occasion d’une fête qui rassemble tous les cavaliers des villages alentours. Animal de prestige, le cheval est à l’honneur : les paysans enfourchent leur monture pour faire valoir ses qualités, le temps d’un dimanche. Aucun prix ni dotation à la clef, mais la fierté ! Surgissant de l’horizon dans une prairie fleurie, des cavaliers montés à cru se livrent à des cavalcades effrénées : au nom des moissons, à la gloire du cheval. La Mata (poupée), puisque ce rendez-vous se nomme ainsi, témoigne de la vitalité de traditions dont nul à ce jour ne sait précisément d’où elles proviennent…
En ce premier week-end de mai, la prairie fleurie accueille des cavaliers venus de tous les coins de l’horizon. C’est la semaine précédente, à l’occasion du souk de Souk el Arba, que le rendez-vous a été donné. Montés à cheval, à mulet ou à dos d’âne, les paysans des alentours n’en finissent pas d’affluer. Ils attachent leurs bêtes aux cactus ou aux bottes de fleurs des champs et se rassemblent pour assister à cette journée de grand spectacle.
Les femmes du village où se déroulent les festivités ont rassemblé quelques épis de blé pour confectionner la poupée qui sera mise en jeu : de la paille renforcée par une croix de bois puis habillée de tissu blanc. Cette poupée (« Mata ») est destinée à récompenser la bravoure du couple victorieux, celui qui parviendra à s’emparer de la poupée et à la ramener dans son propre village. La vitesse et l’endurance du cheval seront déterminantes…
C’est une quarantaine de cavaliers de 13-14 ans jusqu’à une cinquantaine d’années, qui se présentent au public. Aucune inscription n’est enregistrée. En fait, il suffit de posséder un cheval et de le monter  pour  participer à la « compétition ».  Les cavaliers s’organisent en équipe suivant leur village d’origine. Les cavaliers sont solidaires de leurs équipiers pour intercepter les cavaliers des autres villages et leur faire barrage, mais aussi pour aider celui qui parvient à s’emparer du trophée. Si ce jeu rappelle la pratique du bouzkachi afghan, il est beaucoup moins brutal.
Le premier des cavaliers qui parvient à s’emparer de la poupée se doit de l’exhiber à la foule sans tenter de s’enfuir immédiatement avec. Les règles du jeu tiennent d’un code de l’honneur qui ne saurait être remis en cause.
Vers la fin de matinée, les cavaliers groupés entament des cavalcades, rivalisant d’audace dans leurs prouesses équestres, faisant monter l’excitation des hommes et des animaux.
« Est-ce que vous avez les moyens de rattraper ce beau cheval ou ne montez-vous qu’une mule ? » s’écrie celui qui réussit à s’échapper de la meute. La provocation fait partie du jeu. Son destrier l’emporte derrière la colline, mais ses poursuivants sont à ses trousses. C’est sans coups bas que ses adversaires doivent s’emparer de la poupée. Seule compte la valeur du cheval, et si le cavalier est rejoint avant d’avoir atteint son village, il doit céder le trophée sans résister.
Ce n’est que lorsque le soleil décline, que les chevaux en sueur commencent à donner des signes de fatigue, que le plus endurant d’entre eux peut finalement se révéler et creuser l’écart avec ses poursuivants…
A cru sur leur petite monture, les cavaliers, arborent leur tenue de ville. Certains ont revêtu leur gallabya mais ici, il n’y a pas d’apparat et c’est la vaillance du cheval, son extraordinaire endurance, qui feront la victoire.
A la prouesse de monter à cru, les cavaliers ajoutent parfois celle de guider leur cheval sans mors. Tout au plus passent-ils la corde de leur licol dans la bouche de leur monture…
Cette année, pour la première fois, la Princesse Lalla Amina, s½ur de Hassan II, était invitée à découvrir cette coutume méconnue. Une tente a été dressée sur le site à son intention. A l’issue de cette journée, la Princesse, elle-même passionnée de cheval, a encouragé les Haras nationaux marocains à lancer une recherche pour déterminer l’origine du petit cheval de cette région, plus petit et rustique que le Pur-sang arabe ou que le cheval Barbe.
La Mata se termine lorsque les poursuivants rentrent bredouille. Le vainqueur est alors fêté dans son village.
Le cheval qui sort vainqueur de la rencontre voit sa valeur marchande multiplier par trois. Cependant, c’est avant tout une histoire de bravoure et de prestige et il est rare que le propriétaire vende sa monture.
L’édition 2007 n’a pas déçu le public : les jeunes garçons qui n’ont pu participer se préparent à entrer en scène, dès l’an prochain, si leur famille dispose d’un cheval en état…
Le soir même, les cavaliers retrouvent leurs villages, les chevaux, leurs prairies, et les juments suitées, leur poulain…




Textes et photos : Marine Lefebvre - Coordination Edouard Nébias
www.lepoint.fr du 12/09/07






















pratique
  Guide immobilier
  Impots au Maroc
  . Actualités
  Média Marocains
  Votre horoscope
  Dossier du mois
  Coutumes et traditions
  Casablanca
  La fauconnerie
  Mogador
  Autres guides
  Courrier du lecteur
  Coup de coeur
  Questions fréquentes
  Préparer votre voyage
  Annuler une réservation
  Conseils précieux
  Les gestes qui sauvent
  La pêche au Maroc
  Maroc en promotion
  Marocains à l'étranger
  Rubrique Seniors
  Le saviez-vous ?
  Echos écologiques
  Vol au meilleur prix
  Votre Agenda
  Internet pratique
  Les liens utiles